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2009-04-04T08:00:00+02:00

Saint-Vincent n°4

Publié par mamylou
Avant d'aborder le sujet du magnifique jardin, j'aimerais clore  sur l'histoire des blockhaus.
A l'arrivée des allemands, en 1940, on a craint que la maison de Clémenceau fut saccagée. Le gardien BRABANT emballa les pièces les + précieuses du musée et les enfouit dans le sable. Mais au contraire, après la construction du "mur de l'Atlantique", au moment où ils s'attendaient au débarquement, les Allemands ne voulurent pas démolir, comme ils le faisaient partout ailleurs, cette maison placée dans la zone de tir de leur blockhaus. Pendant toute l'occupation, des officiers allèrent la visiter. Surpris par sa simplicité, ils témoignèrent toujours, qu'ils avaient le plus grand respect pour cet homme qui a été leur ennemi implacable, mais un grand patriote français. 


Quelques mois après son installation à Bélébat , le raz de marée de 1921 rongea sa dune sur une profondeur de plus de 10 mètres. Il dut faire construire une digue pour protéger sa propriété.

Malgré l'avis de grands jardiniers, il voulut faire pousser sur la dune aride entourant sa maison, des fleurs de toutes sortes, et surtout des roses qu'il aimait particulièrement. Grâce à son obstination bien connue, il y parvint en employant la méthode des cultivateurs de la région, c'est à dire en utilisant beaucoup d'eau et de goëmon.

Pour le goëmon, aucune difficulté, la mer lui en donnait plus qu'il n'en avait besoin, mais pour l'eau, il s'aperçut vite que son puits ne suffisait pas. On lui signala à 200 mètres à l'ouest, dans les dunes de Mme Méven, un endroit où poussaient des joncs. Il y fit creuser un trou, et on trouva de l'eau à 1 mètre de profondeur à peine, alors il fit construire un  puisard d'environ 2 m de profondeur et 3 m de large, dont les parois faites de planches, retenaient le sable. Il eut alors toute l'eau nécessaire car ce puisard, placé dans le lit du ruisseau des Murailles, ne tarit jamais. On le voit encore aujourd'hui, mais il n'est plus utilisé depuis l'installation du service des eaux.

Clémenceau vécut ainsi dans le calme et au milieu de ses fleurs, avec Clotilde sa cuisinière, qu'il aimait faire apprécier par ses amis, et avec son dévoué valet de chambre Albert Boulin. Après quelques années, celui-ci épousa une jeune fille de Saint Vincent, Marcelle COUMAILLEAU, qui devint à Paris, la cuisinière du Président.

Il vivait simplement, dans son Château de Bélébat, garni de meubles faits par un ouvrier du pays, et entouré de ses souvenirs et cadeaux préférés. Il dormait sur un matelas posé sur des planches.

SOn luxe consistait en sa dune, son jardin sans allée rempli de fleurs, et la mer. La mer toujours présente, qu'il voyait et entendait de son lit, de son bureau, de la table de sa cuisine où il prenait ses repas. Il disait : "regardez la mer ! elle est blanche, elle est verte, quel beau temps ! Elle roule, elle écume, quelle colère ! Comme une femme !.. C'est toujours en colère qu'il faut regarder les femmes et la mer !".


Dans son jardin, il préfère les roses "qui montrent du courage". Il en avait constamment sur sa table de travail, et en conservait les pétales en flacons.
 .
     Il savoure les joies de Bélébat : "des fleurs partout, des milliards de roses,  un nid de merles à 20 cm de sa porte, et un air qu'on boit en ivrogne".   

                                


Il s'était installé à Saint-Vincent avec l'idée d'y rester continuellement, mais aux premiers froids, il grelotta dans sa chambre insuffisamment chauffée par un radiateur électrique. Aussi, à la mauvaise saison, il partait passer l'hiver à Paris, dans sa maison de la rue Franklin.
Lorsqu'il était à Bélébat, le drapeau français flottait en haut d'un grand mât, près de la maison. Puis ce drapeau fut remplacé par une carpe qui se gonflait au vent et flottait au-dessus d'un cerceau muni de rubans multicolores représentant les vagues.
C'est le tout jeune Empereur du Japon  qui, venu lui rendre visite à Saint-Vincent, lui offrit cette carpe, emblème du Japon.






    A SUIVRE.......

 

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commentaires

Ninine 07/04/2009 22:47

Coucou babette
C'est mon tour d'être en retard,( mais moi j'ai l'excuse d'avoir encore un patron et en ce moment des heures sup , c'était juste pour rire ) car je viens juste de lire la suite sur Clémenceau, bravo c'est super , tu nous permets à travers tes récits de nous enrichir c'est trés agréable merci
Bises
Ninine

Yolande 05/04/2009 18:13

Quand je lis ton récit , Babette, avec la musique, j'ai la chair de poule . C'est rés beau ! Merci

annick 05/04/2009 16:10

Très captivant la vie de Clémenceau, merci à toi pour cet excellent récit.
Bisous

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